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mardi 19 juillet, 2005
Editorial de Pierre Vial pour Terre et
Peuple
« Fait divers ».
C’est sous ce titre anodin et sur une petite colonne (cela ne mérite pas mieux,
n’est-ce pas ?) que Le Monde (5 janvier) a rendu compte sobrement, très
sobrement, d’un banal épisode : « Au petit matin du Nouvel An, les 600 voyageurs
du train Corail assurant le trajet entre Nice et Lyon ont vécu une heure et
demie d’effroi.
Parmi la centaine de jeunes gens
(sic) des Bouches-du-Rhône et du Vaucluse revenant d’une nuit de réveillon sur
la Côte d’Azur (resic), une trentaine ont semé la terreur dans ce train, parti
de Nice à 6 heures, le 1er janvier (…) Ils ont insulté les voyageurs, agressé et
dépouillé certains d’entre eux, mis à sac le train, dont les rideaux ont été
déchirés et des fauteuils lacérés ».
Jusqu’à la gare des Arcs, où le
train a été immobilisé pendant plus d’une heure et demie, « attendant l’arrivée
des gendarmes de la brigade des Arcs, lesquels ont dû appeler des renforts pour
mettre un terme à ces « scènes de pillage », selon les mots du procureur de
Draguignan ».
Coupables d’agressions sexuelles sur des jeunes femmes,
trois individus ont été interpellés – beaucoup des agresseurs ayant pris la
fuite – et l’un d’eux « devra suivre une expertise
psychiatrique dans le cadre d’accusations d’atteinte sexuelle en réunion » (on
prend les paris ? Le psychiatre « expert » va déclarer l’accusé irresponsable –
car, bien sûr, « malade »).
La SNCF a estimé qu’il s’agissait là
d’un « acte isolé » et que « cet
événement malheureux » imposerait à
l’avenir « de mieux cibler les trains sensibles ».
Question : qu’est-ce qu’un « train sensible » ?
Réponse : un train où des « jeunes » (Le Figaro du 5 janvier ose même écrire «
les adolescents »… et pourquoi pas « les enfants » ?) commettent « de menues
dégradations » (expression du procureur Christian Girard…).
On
apprend, incidemment, que les deux seuls individus emprisonnés, âgés de 19 ans
(des « adolescents »…) sont « nés au Maroc » (Libération, 5 janvier). Quatre
mineurs, interpellés puis relâchés (bien sûr, comme d’habitude) « font l’objet
d’une convocation devant le juge des enfants ». Les pauvres… Le juge va sûrement les gronder très
fort.
L’affaire est emblématique à bien des égards.
D’abord elle illustre spectaculairement le livre d’Ivan Karpeltzeff, La
guerre des mots, que viennent de publier Les Editions de la Forêt. Hypocrisie
d’un vocabulaire (les « jeunes ») par crainte de dire la vérité, à savoir que ce
sont des bandes ethniques qui sont concernées (il faut
bien chercher dans la presse avant d’apprendre que les « jeunes » sont d’origine
non-européenne – Le Figaro dit « originaires des cités environnantes » de
Marseille : au lecteur de savoir traduire…).
Dans le genre, la SNCF n’est pas mal. Elle déclare que
les casseurs, pourtant bien repérés à Nice, semblaient « des personnes dissipées
». Rien de grave, quoi, des garnements… « On est habitué à ces situations »
avoue le syndicaliste délégué de Sud-Rail à Marseille… qui s’appelle Jamil
Zeribi (ah bon). Un cadre du siège parisien de la SNCF, qui tient
courageusement à rester anonyme, déclare, lui : « Ce qui s’est passé est grave
mais, malheureusement, ça se passe aussi parfois entre La Plaine et Saint-Denis
sans que personne en parle ».
Toujours dans le
vocabulaire faux-cul, Libération fait très fort en titrant sur le « far west »
du train Nice-Lyon. C’est sympa, le farwest, non ? Et dans son éditorial titré «
Shérifs », Patrick Sabatier explique qu’il ne faut pas exagérer : il s’agit de «
quelques petits voyous » mais on est « très loin d’un remake méridional d’Orange
mécanique ». Il ne faut donc pas « dégainer trop vite pour jouer les shérifs (…)
Au risque de favoriser l’hystérie dans l’opinion ».
Il a raison,
cet homme : les gens qui pourraient s’inquiéter en apprenant de tels événements
sont sûrement des hystériques. Une remarque,
tout de même : au farwest, dans les westerns, les shérifs dégainent et
descendent les méchants. Et, si les shérifs ne le font pas, les honnêtes
citoyens, colt au côté, s’en chargent.
Accusé de jouer au shérif,
Sarkozy n’est pas digne d’un tel compliment. Il fait des moulinets mais ménage
la chèvre et le chou – en l’occurrence la SNCF qui, la pauvre, n’est responsable
de rien car (communiqué officiel du ministre de l’Intérieur) « il s’avère que
des déplacements de bandes sont parfois difficilement gérables ». Ah qu’en
termes galants…
Et pourtant, à chaud (lorsque malgré les efforts
officiels de black out, l’affaire du train de Nice est sortie, avec retard, dans
la presse), tout le monde – la SNCF, la police et la gendarmerie, la préfecture
des Alpes-Maritimes, le Conseil régional de PACA (qui avait gentiment payé, aux
frais du contribuable, le voyage de Nice aux bandes de voyous) - s’est repassé
le bâton merdeux.
La directrice de cabinet du préfet des Alpes-Maritimes
nous a expliqué à la télévision, en zozotant, que c’était la faute de tout le
monde…et donc de personne. Au jeu de « l’autre est plus nul que moi » les
autorités de notre République bananière sont championnes toutes
catégories.
C’est aussi ce qui apparaît derrière
l’affaire du train de Nice : le décalage complet entre les discours officiels
(c’est « totalement inacceptable » a dit Chirac avec un fort beau mouvement de
menton) et la réalité des mesures mises en application.
L’immense majorité des voyous du train de Nice vont
s’en tirer sans aucun dommage alors que les RG auraient la possibilité
d’identifier beaucoup d’entre eux, déjà connus des services de police et qui, de
plus, ne vont pas manquer de clamer partout qu’ils ont « niqué les Français »…
et qu’ils recommenceront à la première occasion.
Ils sont bien
conscients de la lâcheté d’autorités officielles qui disent et font tout et le
contraire de tout, en fonction des intérêts électoraux des uns et des autres.
C’est Chirac, qui bat piteusement en
retraite sur l’affaire de la loi de février 2005 reconnaissant le rôle positif
de la colonisation française, qui devra être « réécrite » - Chirac ridiculisant
ainsi les députés UMP (bonjour les cocus), sommés de rentrer à la niche. C’est
Chirac encore qui, par les orientations qu’il exige du gouvernement, pour 2006,
s’aligne sur le ministre (eh oui !) Azouz Begag, lequel déclare dans un
entretien à la revue ethnocommunautariste Respect Magazine (sic) : « Il faut
traverser le périphérique, aller chez les indigènes là-bas, les descendants de
Vercingétorix…Il faut casser les portes, et si elles ne veulent pas s’ouvrir, il
faut y allé (sic) aux forceps. Partout où la diversité n’existe pas, ça doit
être une invasion de criquets, dans les concours de la fonction publique, dans
la police nationale. Partout de manière à ce qu’on ne puisse pas revenir en
arrière ».
Ce beau programme – « l’invasion de criquets » - béni
par Chirac et Villepin a constitué les vœux de nouvel an pour les passagers
gaulois (les « descendants de Vercingétorix », comme dit le bronzé) du train
Nice-Lyon.
Quant à Sarkozy, qui nous a fait son numéro
habituel de matamore à la télé après l’affaire du train, c’est lui qui, avec sa
« discrimination positive » (en clair : priorité absolue aux non-Européens) et
son droit de vote pour les étrangers est le principal responsable d’une
africanisation accélérée de la France.
Surtout ne pas être dupe de ce
personnage.
Chirac et Sarkosy se haïssent mais ils ont un point
commun : ils incarnent tous deux un danger mortel pour la population européenne
de ce territoire qu’on appelle encore la France.
Et qui vient d’assister,
effarée, avec l’affaire du train, à un nouvel épisode de la guerre
ethnique.
Car c’est
évidemment ainsi que l’ont compris « les jeunes » - non seulement ceux qui ont
semé la terreur dans le train, mais encore tous les autres, les millions
d’autres, qui considèrent ces « frères » comme des héros puisqu’ils ont fait
trembler les Gaulois et humilié leurs femmes. Et, tous, ils doivent bien rire,
en voyant s’agiter les guignols de la République pure et dure.
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