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Dimanche 14 aout , 2005
L’ISLAM DANS LES PRISONS FRANÇAISES
L’islam est la seconde
religion de France, mais est sans doute la première religion
dans le monde carcéral. Ce constat est le fruit d’un
travail de recherche qui lève le voile (sans jeu de mot) sur
cette réalité sociale jusque-là occultée,
à savoir, la présence massive de musulmans en prison.
Quelle est leur vie quotidienne ? Que signifie pour eux la religion,
comment construisent-ils leur sentiment religieux ? Comment,
respectent-ils prescriptions et interdits ? Que font-ils des
obligations comme la prière, le ramadan, la consommation de
viande halal ?
Ce dossier se compose de recoupement de divers articles parus dans la
presse et est une contribution aux débats actuels
proposée par nemo.
Toutefois, les informations dévoilées ici sont en grande
partie tirées du livre de Farhad Khosrokhavar, l’islam
dans les prisons.
INTRODUCTION
Le nombre de détenus musulmans en France n’est pas
déterminé puisque les personnes emprisonnées ne
sont plus tenues, depuis 1911, de décliner leur religion
à leur entrée en prison. Cependant, vivre l’islam,
incarcéré, n’est pas impossible !
En France, sur 185 établissements pénitentiaires 69
aumôniers sont musulmans. Ce chiffre paraît d’autant
plus faible que parmi les 25% d’étrangers
incarcérés, presque 65% sont originaires d’Afrique
et pour la majorité du Maghreb. Donc a priori musulmans. Sans
oublier les détenus français d’origine
maghrébine. Cette faible représentation cultuelle
n’est pourtant pas due à un blocage de
l’Administration pénitentiaire. Celle-ci n’a pas, en
effet, à quantifier les besoins des communautés et il
leur appartient, à chacune, de présenter des candidatures
d’aumôniers. Le dernier mot revient, par contre, à
l’administration qui décide ou non d’ "
accréditer " le représentant religieux.
Aujourd’hui, toutes les parties concernées
s’accordent cependant à dire que l’aumônerie
musulmane est d’une grande précarité. Le recteur de
la Mosquée de Paris y voit un problème de moyens : "
notre aumônerie n’a jamais bénéficié
de subsides suffisants, alors qu’il y a sans cesse des
candidatures. L’aumônerie musulmane pénitentiaire
est la plus pauvre des aumôneries de France ".
La manière de vivre l’islam au quotidien en prison
n’est pas uniforme car chaque établissement a sa propre
organisation. La prison de Longuenesse, dans le Pas-de-Calais, attend
qu’une dizaine de détenus aient fait une demande pour voir
un aumônier avant de transmettre la requête auprès
de l’imam concerné. Les délais d’attente
peuvent pour cette raison parfois être long
Quant aux offices du vendredi, ils se déroulent
régulièrement dans certains établissements comme
presque jamais dans d’autres. Cela dépend souvent de la
disponibilité des représentants.
Il est grand temps en effet pour l’aumônerie
pénitentiaire musulmane de se faire une place. D’autant
plus que les attentes sont réelles.
1ère PARTIE: NOS CHANCES EN PRISON
La population d'origine
immigrée en provenance des pays du Maghreb, de
nationalité française ou non, ayant un lien historique et
culturel avec l'islam représente une proportion non
négligeable de la population pénale.
Il est par conséquent intéressant, pour nous
contribuables, de porter notre attention sur cette question. Les
événements internationaux récents peuvent nous
donner à penser qu’un recrutement de terroriste
s’opère jusque sur notre sol. Si cette situation
s'avérait durable, elle contribuerait un peu plus encore
à l'éclatement de notre société
déjà confrontée par ailleurs à d'autres
sources d'inquiétudes pour son avenir.
Dans les établissements pénitentiaires, cette population
souvent jeune est peu demandeuse de visiteurs et de relations avec
d'autres interlocuteurs que leurs compagnons de parcours. Pourtant, ces
criminels mahométans, comme tous ceux qui sont
incarcérées, devront, lorsqu'ils seront
libérés, se réinsérer, voire
s'insérer pour certains d'entre eux si ce n'est la plupart. Nous
le savons, et cela est confirmé par les articles du code de
procédure pénale régissant les activités
pénitentiaires, vivre l’islam en prison est chose possible.
2ème PARTIE: DES « BLACK MUSLIM » À NOS MUSLIMS
Avec l’exemple des «
Black Muslim » dans les années 60 aux États-Unis,
il s’agissait d’une sorte de bricolage identitaire pour les
noirs américains, à partir de morceaux d’islam, il
n’y avait pas une dynamique. Ils s’étaient
inventés un ramadan spécial à Noël, des
interdits alimentaires spéciaux. Par exemple, ils avaient
interdit le poisson chat et la galette de maïs car
c’était le « slave diet »,
c’est-à-dire ce qu’on faisait manger aux noirs
esclaves dans les plantations ; ils considéraient que
l’islam l’interdisait. C’était quelque chose
qui était fabriqué pour se détacher de la
période d’esclavage de leurs ancêtres.
Aujourd’hui, c’est différent parce qu’on a un
univers très fanatisé, beaucoup plus cohérent et
qui dispose de références et de soutiens internationaux,
ce qui permet de se sentir en communion avec le monde islamique
extra-muros.
Autre problème : en prison, il n’y a pas que des «
droits communs », il y a aussi un certain nombre de « gens
soupçonnés d’association de malfaiteurs en lien
avec une entreprise terroriste », dixit nos journaleux, qui
apparaissent aux yeux de certains comme des héros. Il y a aussi
le problème de la contagion révolutionnaire. Dans un
univers où il y a des rapports de force, de caïdats qui
s’établissent, la référence religieuse est
aussi un élément de construction d’un réseau
de pouvoir.
Ainsi face à la dégradation de la vie quotidienne
à cause de la peine à purger, on aboutit à ce que
des gens qui n’avaient aucune culture religieuse
particulière, s’autoproclament imams de manière
à bénéficier d’atouts et
d’accès particuliers.
3ème PARTIE: ESTIMATION DE DÉTENUS MUSULMANS
L'administration
pénitentiaire ne dispose d'aucune donnée précise
sur l'influence de ces musulmans auprès des autres
détenus. Mais cette population oscille entre 50% et 80% dans les
établissements proches des quartiers sensibles. Il n'existe pas
de statistiques officielles, puisqu'il est interdit depuis 1911 de
distinguer les gens selon leur confession, mais on dispose
d'indices: le fait de manger du porc, le prénom, la pratique du
ramadan. Indices que l'on peut croiser avec le nombre d'enfants
nés de père maghrébin, qui ont de fortes chances
d'être musulmans. Ces détenus sont environ dix fois plus
nombreux que les autres. Il s'agit essentiellement d'hommes jeunes,
entre 18 et 35 ans, issus des banlieues.
Les établissements pénitentiaires constitueraient ainsi
un vivier non négligeable de formation des intégristes.
Les «barbus», comme les appellent les autres
détenus, exercent leur prosélytisme d'individu à
individu. Le détenu islamiste établit le contact durant
la promenade ou sur le terrain de sport, fait circuler le Coran ou
d'autres livres et cassettes, s'érige en exemple de
piété et force son interlocuteur à faire le
ramadan et les prières. En prison il n’est pas rare
d’entendre «J'ai rencontré un frère ici
qui m'a remis sur le droit chemin.» Comme ces
établissements sont souvent bondés, je vois mal comment
l'institution carcérale pourrait contrôler cela. D'autres
s'adonnent au prosélytisme néo communautaire: ils
prennent la place des imams - souvent manquants - et s'autoproclament
représentants de l'islam. Ils font la prière collective
durant la promenade, leur tapis à la main, alors que c'est
souvent interdit par le règlement. Certains lancent le cri du
muezzin de leur cellule pour annoncer l'heure de la prière. Les
surveillants sont obligés de trouver des compromis, parce qu'ils
n'ont pas les moyens d'intervenir chaque fois. Il faut avoir de la
place pour mettre 20 personnes au mitard en même temps! En outre,
les islamistes peuvent leur être utiles pour prévenir les
bagarres, du fait de leur influence. L'attitude des gardiens
dépend de la politique de l'établissement.
4ème PARTIE: UN MILIEU PROPICE AUX CONVERSIONS
Les conditions de
détention, la privation de liberté, la
promiscuité, la mise en péril de l’équilibre
psychologique… sont des paramètres importants qui offrent
un terrain propice à l’islam dans les geôles
françaises. Pour les détenus, l'islam est une
façon de se donner bonne conscience sans renoncer à son
comportement criminel. Ensuite, la religion d'Allah fournit à
chacun l'occasion de se « racheter », en affirmant son
identité à l'écart d’une quelconque
autorité judiciaire.
La pratique de l'islam en prison tient du bricolage. Certains
jeûnent pendant le ramadan, d'autres pas, ou laissent tomber au
bout de quelques jours. Certains boivent de l'alcool et mangent du porc
ou fument du haschisch. Bien peu font les cinq prières
quotidiennes. Bref, il y a les «intégristes» et les
«laxistes», comme chez les musulmans du dehors. Il ne faut
pas non plus s'étonner si les radicaux jouissent d'une certaine
audience lorsqu'on voit le nombre dérisoire d'aumôniers
musulmans.
5éme PARTIE: LES PÉNITENCIERS EN RÉGION PARISIENNE
Dans la seule Région parisienne, ce sont près de 150
islamistes durs, liés aux groupes islamistes algériens ou
impliqués dans les attentats de 1995, qui sont détenus
dans les seuls huit centres de détentions de la région
parisienne. Or il s'avère que c'est dans les prisons que les
Islamistes recrutent le plus grand nombre d'activistes, les plus
déterminés et les plus violents d'ailleurs. La situation
est d'ailleurs à peu près la même dans la plupart
des prisons des grandes métropoles. Mais le pouvoir de
séduction des Islamistes détenus, ou même des
aumôniers, notamment ceux de l'association islamiste pakistanaise
Jamaà - Tabligh, est si redoutable que c'est désormais le
phénomène de conversion des détenus
européens et français de souche qui inquiète le
plus les autorités pénitentiaires.
Autre critère d'islamisation des prisons, les demandes de
participation aux cultes. Dans toutes les prisons de France, les
traditionnelles photos de femmes nues sont arrachées au profit
de photos de Saleh ou de Kelkal, les appels à la prière
augmentent partout, le nombre de Français de souche qui se
convertissent augmentent et les islamistes parviennent parfois si bien
à imposer leurs lois dans les prisons que certains
détenus se convertissent au départ pour ne pas avoir
d'ennuis et échapper au racket.
6ème PARTIE: LES CHAMPIONS DE LA CONVERSION
C'est ainsi que des
français de souche comme David Vallat, connu pour avoir fait
partie du réseau de « Chasse-sur-Rhône »,
incarcéré dans la prison de Villepinte, fut converti en
prison par des islamistes algériens proches du FIS et du GIA
impliqués dans les attentats de 1995. Autre français de
souche, Jean Paul H, violeur multirécidiviste, condamné
en 1992, sera également converti en prison par le terroriste
beur Fouad Ali Saleh, responsable de la vague d'attentats
particulièrement sanglants de 1986. Les deux hommes,
isolés, ne s'étant jamais rencontrés, cela permet
de réaliser à quel point les islamistes fanatiques sont
forts en matière de communication et de prosélytisme au
sein du système carcéral où ils jouissent parfois
même de la complicité de gardiens convertis ou
déjà militants islamistes.
7ème PARTIE: ENTORSE GRAVE A LA SÉCURITÉ
La pratique de l’islam
en prison pose des problèmes de sécurité. Par
exemple, la prière collective du vendredi est souvent interdite,
faute d'imam pour la diriger. Les surveillants ne sont pas suffisamment
nombreux pour intervenir en cas de bagarres. Autre source de friction:
la fouille des cellules pendant la prière. Les détenus se
plaignent d'être interrompus. Certains gardiens acceptent de ne
pas les déranger, d'autres considèrent la fouille comme
une prérogative imprescriptible.
Même chose pour le tapis de prière. Les prisonniers n'ont
pas le droit de l'emporter hors de leur cellule, dans les parties
communes, considérées comme un espace laïque. Du
coup, certains utilisent une serviette. Les gardiens ne peuvent pas
réagir systématiquement. En prison, la question de
l'islam concerne les hommes et elle se pose vingt-quatre heures sur
vingt-quatre.
8ème PARTIE: CE QUE LE CODE DE PROCÉDURE PÉNAL PRÉVOIT
Article D.432 et D.435:
« Chaque détenu doit pouvoir satisfaire aux exigences de
sa vie religieuse, morale ou spirituelle. Les aumôniers fixent,
en accord avec le chef d’établissement, les jours et
heures des offices, qui sont ouverts aux détenus et aux membres
du personnel. »
Comment s’entretenir avec le représentant de son culte ?
A son arrivée en prison, chaque détenu doit être
informé de la possibilité de recevoir la visite du
représentant de son culte et d’assister aux offices
religieux. Le nom des détenus arrivants qui ont
déclaré leur intention de pratiquer leur religion est
communiqué à l’aumônier. Il en est de
même pour les détenus qui manifestent la même
intention au cours de leur détention. Les aumôniers
nommés auprès de l’établissement peuvent en
principe s’entretenir aussi souvent qu’ils l’estiment
utile avec les détenus de leur culte (aucune sanction
disciplinaire ne peut entraîner la suppression de cette
faculté pour le détenu). L’aumônier est
l’un des rares intervenants, avec le corps médical,
à pouvoir rendre visite à un détenu au quartier
disciplinaire. Néanmoins, il arrive exceptionnellement que la
demande d’un aumônier de visiter les détenus punis
ou isolés leur soit refusée. L’entretien avec le
représentant de son culte a lieu en dehors de la présence
d’un surveillant soit dans un parloir ou bureau, soit dans la
cellule du détenu. Les aumôniers restent les intervenants
extérieurs qui peuvent entrer le plus facilement en contact
direct avec les détenus.
Ils ont souvent les clefs des cellules et des autres locaux. Les
détenus peuvent aussi correspondre librement et sous pli
fermé avec l’aumônier agréé de
l’établissement.
En revanche, la correspondance avec les auxiliaires
bénévoles d’aumônerie peut être lue
pour contrôle par le personnel pénitentiaire.
Historiquement très présents dans les prisons, les
représentants du culte y sont globalement bien acceptés
et de nombreuses facilités dans le code de procédure
pénal leur sont accordées, notamment dans
l’accès aux cellules.
Article D.434:
« Les aumôniers ont pour mission de célébrer
les offices religieux, d’administrer les sacrements et
d’apporter aux détenus une assistance pastorale. Ils ne
doivent exercer auprès des détenus qu’un rôle
spirituel et moral en se conformant aux dispositions du présent
titre et au règlement intérieur de
l’établissement. L’organisation des cultes dans les
prisons françaises est soumise à la loi. »
9ème PARTIE: DENRÉES RITUELLES EN PRISON
Objet de controverses,
l’alimentation fournie par l’administration
pénitentiaire est d’une qualité très
variable. Immangeable selon les uns, identique à n’importe
quelle cantine selon les autres... Il est un point sur lequel tous
s’accordent : il faut de l’argent pour se nourrir
correctement afin d’acheter les compléments à la
cantine, « magasin » de la prison.
Les détenus de moins de 21 ans doivent disposer d’un
régime alimentaire amélioré par rapport à
celui des adultes. Par ailleurs, toute personne détenue doit
« dans la mesure du possible », pouvoir
bénéficier d’un régime alimentaire
adapté à ses convictions religieuses.
Les aumôniers israélites sont autorisés à
remettre aux détenus de leur confession un colis de
denrées rituelles à l’occasion des fêtes de
la Pâque juive, du nouvel an israélite (Rosh-ha-Shana) et
du Grand Pardon (Yom Kippour). Il en est de même pour les
détenus musulmans : ils peuvent recevoir des colis des imams
pour les fêtes de l’Aïd El Fitr (fin du Ramadan) et de
l’Aïd El Kebir. A l’occasion de ces différentes
fêtes, les denrées rituelles peuvent également
être mises en vente en cantine.
10ème PARTIE: COHABITATION JUIF-ARABE EN PRISON
L’administration
pénitentiaire est à l’écoute des
aumôniers de formation rabbinique vis à vis des
problèmes que rencontrent ces prisonniers avec d’autres
détenus. Dans la cour, unique espace de liberté, les
prisonniers musulmans se regroupent pour faire leurs prières, ne
permettant pas « LE DROIT DE PASSAGE » aux autres
détenus. La prison offre donc un véritable vivier pour
les Imams clandestins qui viennent aux parloirs prêcher la parole
de l’intégrisme, aidés de l’intérieur
par la présence de nombreux prisonniers musulmans liés
à des actes terroristes.
À la prison de Fleury-Mérogis, où une trentaine de
prisonniers juifs sont incarcérés, dispersés dans
les cinq bâtiments réservés aux hommes, la
cohabitation avec les musulmans n’est pas aisée. Les
Rabbins y sont confrontés à des réactions de
tout genre de la part des autres détenus : parfois salués
d’un Shalom, de jets d’objets ou d’insultes. Une fois
seulement, « l’insulte à agent » a
été constatée et a conduit l’un de ses
prisonniers au Mitard.
11ème PARTIE: LE SARKO-SHOW MAN DE L’INTERIEUR
Au vu du profil et de l'âge des kamikazes supposés de
Londres, «des terroristes extrêmement jeunes», et de
«l'hyperradicalisation de jeunes jihadistes aujourd'hui»
tels les candidats pour l'Irak du XIXe arrondissement de Paris, le
ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, se fixe un objectif :
s'attaquer «aux directeurs de conscience» qui les
endoctrinent avec des «prêches radicaux».
«Où sont-ils recrutés si ce n'est dans certaines de
nos mosquées et de nos prisons ?» a-t-il
déclaré à Libération. Il entend aussi
accentuer «la surveillance des lieux de prière»
musulmans, qui sont déjà suivis par les Renseignements
généraux, mais aussi celle «des
établissements pénitentiaires», sans «ignorer
la liberté des cultes et les droits de l'homme». Il
n'hésite pas à prôner «l'intolérance
vis-à-vis d'imams radicaux qui influent sur des esprits
faibles... Les imams et prédicateurs qui tiennent des propos
outranciers et contraires aux lois seront expulsés car ces
prêches peuvent avoir des conséquences sur de jeunes
écervelés», a-t-il prévenu.
Merci à nemo. |
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